Tuesday, April 18, 2006

59 ans. Cancer du poumon. Sa vie s'est arrêtée aujourd'hui.

Il l'avait appris il y a 6mois, la chimio n'a pas fonctionné. Il a perdu 20kg, il n'arrivait plus à bouger, sa voix avait changé. Il avait repensé à toute sa vie. Accumuler les regrets. Il aurait voulu faire sa vie en France, sa femme avait faire du "chantage" pour repartir, là bas en Italie. Il a du continuer son mauvais métier, fumer, et venir voir la famille, émigrée en France.
Et aujourd'hui sa vie s'est finie.

On a 15 ,16 ,17 ans, et on pense que fumer ce n'est rien . Que l'on pourra toujours s'arrêter. Que l'on aura tout le temps pour ca. Même si à 16ans on fume déjà un paquet par jour. On arrête à moitié, mais dès que les vacances reprennent on recommence, par "choix", non vraiment ce n'est pas de la dépendance, surtout pas. On promet d'arrêter, sur l'amour, sur la volonté, sur la dignité, sur tout ce qu'on veut, mais on recommence...toujours. Et on a 17ans. Et on est toujours aussi naïf, croire qu'on arrêtera comme ça "quand on sera grand" , "adulte", alors que déjà, à 17ans , on n'y arrive pas. Dépendant à 17ans c'est signer pour son cancer. A 60.

C'est vouloir , pour mieux "vivre pleinement sa vie quand on est jeune" , infliger sa mort, lente, à ses enfants, à sa famille. Mort choisie, délibérément. Même pas une mort qu'on ne peut pas éviter. Non , une mort qu'on a choisie. Pour faire "cool" quand on n'était qu'un petit merdeux en pleine crise d'ado, ou juste par manque de volonté.

C'est pas les campagnes contre le tabagisme qui feront prendre conscience de ça aux gens.

Ce sont les morts. Dans leur famille. La souffrance de la famille de ces fumeurs. Les dépressions des fumeurs en phase terminale. Vues de leurs propres yeux.

Et ce con refume. "parce que c'est les vacances" Et je l'aime . Alors que le téléphone a sonné cette après-midi pour annoncer tout ça.

Tuesday, January 31, 2006

Faut se prendre en mains. Quand tout fout le camp.

Ca devient pathétique. On dirait une automutilée, et je n'arrive pas à soigner tout ça. Ca dure, depuis trois mois, je suis folle et ne contrôle pas. J'ai les jambes en sang, et ça démange et on se n'arrête pas de gratter et les croûtes perdurent et se rompent, et je suis toujours en sang, et on me regarde de travers. Et il faut les soigner et les cacher. Il ne faudrait pas L'effayer.
Juste quand son désir revenait.

Et l'appart devient le chao. Et j'espere ne plus être là l'année prochaine. Etre "dans" Paris. Ne plus avoir tout ce transport. Ne plus être à I. Ne plus avoir peur de se faire virer pour cause de "désolé mademoiselle mais vous feriez baisser nos stat' ! " Peut être un peu d'herbe. Peut être un peu plus de temps. Malgré le détail "prépa" alors un peu plus de temps que dans le délire de cette année. Etre dans un vrai établissement, qui vous garde jusqu'au bout. Etre un peu à la campagne pour peut être pouvoir revoir les étoiles, la nuit, sur le rebord de la fenêtre. Car ça, ça me manque , d'avant. Retrouver ça. Et aussi ne pas le perdre Lui. Ou ne pas avoir le Lui qui ne vit que pour Lui. Retrouver l'amoureux des moments agréables. Ca fait beaucoup d'exigences.

Pour le moment faut continuer. Tête baissée. A taffer, deux jours encore. Examen Blanc. Vacances. And so on...Faut se refaire, physiquement, pour ressembler à un humain, peut être même à une femme. Pour Moi, et un peu pour Lui.